Boîte à outils · Responsabilité après réception

Quelle garantie pour quel désordre ?

Décrivez le désordre et indiquez la date de réception des travaux : l’outil identifie la garantie mobilisable (parfait achèvement, biennale ou décennale) et le délai dont vous disposez encore pour agir.

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Parfait achèvement, biennale, décennale : comment s’articulent les garanties ?

La réception des travaux est le point de départ commun des trois garanties légales de la construction. La garantie de parfait achèvement, d’une durée d’un an, couvre l’ensemble des désordres signalés lors de la réception (réserves) ou révélés au cours de la première année, quelle qu’en soit la nature.

La garantie de bon fonctionnement, dite biennale, court pendant deux ans. Elle concerne les éléments d’équipement dissociables de l’ouvrage, c’est-à-dire ceux que l’on peut remplacer ou démonter sans détériorer le gros œuvre (volets, robinetterie, appareils de chauffage indépendants, etc.).

La garantie décennale, d’une durée de dix ans, est la plus protectrice. Elle vise les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage, ceux qui le rendent impropre à sa destination, ainsi que les désordres affectant un élément d’équipement indissociable du gros œuvre. Un même désordre peut, selon sa gravité, relever de plusieurs garanties : l’analyse fine du dossier reste déterminante.

Le conseil de Maître Simoes

La qualification d’un désordre n’est pas figée : un dysfonctionnement d’équipement peut, s’il rend l’ouvrage impropre à sa destination, basculer dans le champ de la décennale. Avant l’expiration d’un délai, ne vous fiez pas à la seule apparence du désordre : faites qualifier précisément le dommage et, en cas de doute sur le délai, agissez sous la garantie la plus longue mobilisable pour préserver vos droits.
Maître Marie Simoes Avocate au Barreau de Paris
FAQ

Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus fréquentes sur ce sujet.

À partir de quelle date courent les garanties ?

Toutes les garanties légales courent à compter de la réception des travaux, qu’elle soit expresse (procès-verbal), tacite ou judiciaire. La date de réception est donc la donnée essentielle : elle doit être établie avec précision avant tout calcul de délai.

Un même désordre peut-il relever de plusieurs garanties ?

Oui. Pendant la première année, la garantie de parfait achèvement couvre tous les désordres signalés, y compris ceux qui relèvent aussi de la garantie biennale ou décennale. Un désordre affectant un équipement dissociable peut en outre relever de la décennale s’il rend l’ouvrage impropre à sa destination. Il est alors pertinent d’agir sur la garantie la plus protectrice encore ouverte.

Quelle différence entre élément d’équipement dissociable et indissociable ?

Un élément est indissociable lorsque sa dépose, son démontage ou son remplacement ne peut s’effectuer sans détérioration ou enlèvement de matière de l’ouvrage (article 1792-2 du Code civil) : canalisations encastrées, plancher chauffant. Il relève de la garantie décennale. Les éléments que l’on peut remplacer sans abîmer l’ouvrage (volets, robinetterie, radiateurs) sont dissociables et relèvent de la garantie biennale.

Le délai est dépassé : puis-je encore agir ?

Pas sur le fondement de la garantie expirée, dont le délai est un délai de forclusion. D’autres fondements peuvent en revanche subsister : la responsabilité contractuelle des constructeurs pour les dommages dits intermédiaires, qui se prescrit par dix ans à compter de la réception (article 1792-4-3 du Code civil), ou la responsabilité contractuelle de droit commun pour des réserves non levées. L’analyse du dossier permet d’identifier la voie encore ouverte.

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